L'excellence académique

cum laude

La locution latine cum laude, « avec les éloges », distingue un travail universitaire d'une qualité supérieure à ce qui est attendu. Elle appartient à une famille de mentions dont l'usage remonte aux universités médiévales et se poursuit aujourd'hui dans plusieurs pays.

Les degrés

Trois formules se rencontrent, par ordre croissant.

Cum laude, avec les éloges. Magna cum laude, avec de grands éloges. Summa cum laude, avec les plus grands éloges. Une quatrième, maxima cum laude, s'emploie dans certaines universités entre les deux dernières.

Ces mentions sont d'usage courant aux États-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique, où elles figurent sur le diplôme lui-même. En France, elles ne subsistent qu'en doctorat, et encore de façon variable selon les établissements.

Les mentions en France

Le système français emploie ses propres formulations : passable, assez bien, bien, très bien, auxquelles s'ajoutent au baccalauréat les félicitations du jury.

Les seuils sont fixés en vingtièmes : assez bien à partir de douze, bien à partir de quatorze, très bien à partir de seize.

Une évolution notable en doctorat : de nombreuses universités françaises ont supprimé les mentions, considérant qu'elles introduisaient des comparaisons peu pertinentes entre des travaux de nature très différente. Le jury se prononce alors par un rapport circonstancié, sans note.

Les fondements de l'excellence académique

études

L'excellence académique est une dimension essentielle du système éducatif français, et le pays a de longue date accordé une grande importance à la formation intellectuelle.

À la base se trouve un cursus structuré et exigeant. L'école primaire pose les fondements de la curiosité intellectuelle et des compétences de base. Collèges et lycées offrent un programme diversifié, où l'élève est encouragé à explorer plusieurs disciplines et à affiner son raisonnement.

L'accent est mis sur la compréhension approfondie plutôt que sur la mémorisation, et sur la capacité à rédiger un raisonnement construit, une particularité française que les étudiants étrangers remarquent immédiatement.

Ce qui distingue le système français

Trois traits, dont aucun n'est neutre.

Le dualisme entre universités et grandes écoles, sans équivalent ailleurs : les secondes recrutent sur concours après deux années de classes préparatoires, et concentrent une part des ressources et de la sélection.

La place des concours, qui structure l'ensemble du parcours et façonne les méthodes de travail dès le lycée.

Et la gratuité relative de l'enseignement supérieur public, qui distingue la France de la plupart des pays anglo-saxons, un étudiant en licence acquitte des droits de quelques centaines d'euros, contre plusieurs dizaines de milliers de dollars aux États-Unis.

Les limites du modèle

Les évaluations internationales conduites depuis vingt ans font apparaître une constante : le système français produit d'excellents résultats au sommet, et se distingue par une corrélation particulièrement forte entre origine sociale et réussite scolaire.

Autrement dit, l'excellence y est réelle, mais moins largement partagée que dans les systèmes scandinaves ou asiatiques les mieux classés.

C'est le principal chantier des politiques éducatives récentes : dédoublement des classes dans les zones prioritaires, cordées de la réussite, quotas de boursiers dans les filières sélectives.

Ce que valent les mentions

Un mot de prudence à l'attention des étudiants et des familles.

Une mention ouvre certaines portes, accès à des filières sélectives, bourses au mérite, dossiers de candidature, et elle est un signal utile. Elle ne prédit pourtant que faiblement la réussite professionnelle ultérieure, où comptent davantage la persévérance, la capacité à travailler avec d'autres et l'aptitude à apprendre en continu.

La pression exercée sur les élèves autour des mentions et des classements mérite d'être surveillée : elle nourrit chez certains une anxiété qui nuit directement aux résultats qu'elle prétend améliorer. Un élève en difficulté persistante devant le travail scolaire gagne à être écouté avant d'être sollicité davantage.

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